Septembre 2025, je commence ma formation en préparation mentale.
Après les présentations, on entre rapidement dans le vif du sujet.
Pas de motivation.
Pas de grandes promesses.
Mais une question simple : qu'est-ce que la préparation mentale ?
Et ce qui s'en est suivi m'a surpris.
Plus de trois heures de discussion sur ce que la préparation mentale est vraiment, mais aussi et surtout, sur le rôle qu'elle peut jouer dans notre société aujourd'hui.
Une discussion passionnante, qui touchait directement nos réalités actuelles.
C'est à ce moment-là que c'est devenu très clair pour moi : ce sujet était encore plus impactant que ce que j'avais imaginé.
Aujourd'hui, je veux donc te partager ce que la préparation mentale est vraiment, et pourquoi elle est en train de devenir indispensable dans notre monde qui ne s'arrête jamais.
Le vrai problème de notre époque
Ce qui est ressorti de cette discussion, ce n'est pas un problème propre aux dirigeants, aux athlètes ou aux entrepreneurs.
C'est quelque chose de beaucoup plus large, qui remonte à notre enfance.
Dès l'école, on nous apprend :
- À apprendre sans réfléchir.
- À répondre aux attentes.
- À entrer dans des cases.
Tout ça, en suivant un modèle d'apprentissage unique à tous.
À travers les notes, on finit par se définir comme : mauvais, moyen, bon ou très bon.
Le résultat ?
- Un élève créatif grandira avec le sentiment qu'il doit rester dans un cadre.
- Un leader naturel vivra sa scolarité en pensant qu'il est "moyen".
- Un élève hyperactif sera considéré comme un perturbateur ou un cancre.
Tous pourraient grandir en développant leurs forces, celles qui les rendent uniques.
Mais au contraire, on transforme ces différences en véritables faiblesses.
"Si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu'il est stupide."
Albert Einstein
Au fil du temps, les dégâts sont souvent ravageurs :
- Perte d'estime de soi
- Perte de confiance en soi
- Perte de plaisir dans l'apprentissage
Mais aussi :
- Peur du regard des autres
- Peur de l'échec
Et bien sûr, ce système perdure bien après l'école.
On le retrouve dans les études supérieures, mais aussi dans les entreprises (petites et grandes) et les clubs sportifs.
Le pire, c'est que cela est complètement normalisé.
Mentalement, on est poussé à :
Tenir.
Assurer.
Avancer.
Eteindre sa petite voix intérieure.
Sans se plaindre... jusqu'à ce que quelque chose casse.
Tu connais le concept de la crise de la 40aine ?
C'est l'aboutissement de ce système qui a contrôlé un individu pendant +35 ans.
Et qu'on le veuille ou non, ce sujet nous concerne tous.
Pour certains, cela s'exprime ouvertement, pour d'autres, les effets sont plus profonds, moins visibles.
Et malgré ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas un problème de fragilité.
C'est un problème structurel de notre modèle culturel et d'éducation.
Heureusement, il y a des solutions.
Et celles-ci démarrent par une étape indispensable : reprendre le contrôle sur son état intérieur.
C'est là que la préparation mentale intervient.
Ce que fait vraiment la préparation mentale
La définition brute de la préparation mentale pourrait être :
"L'accompagnement individualisé d'une personne pour atteindre ses objectifs en utilisant son bien-être comme moteur de performance."
Mais honnêtement, ça reste assez flou.
Ce flou est normal.
La préparation mentale n'est ni une thérapie, ni un coaching de surface, ni un travail purement intellectuel.
Son rôle est ailleurs : travailler l'état intérieur depuis lequel une personne pense, décide et agit.
Quand une décision est prise sous un stress important, peut-on vraiment s'attendre à ce qu'elle soit juste ?
Pour expliquer concrètement, on va découper ce que fait la prépa mentale en 3 étapes distinctes.
Étape 1 : Faire émerger
Contrairement à ce que l'on peut croire, la préparation mentale ne commence pas par des exercices ou des techniques.
Elle commence par une chose beaucoup plus simple, et beaucoup plus exigeante : mettre de la clarté à l'intérieur de soi.
Avant d'entraîner quoi que ce soit, il faut d'abord comprendre ce qui se joue.
La première étape consiste donc à faire émerger ses ressentis.
- Mettre des mots sur ce qui fatigue, ce qui bloque, ce qui tend.
- Faire remonter ce qui est là depuis longtemps, mais que l'on a appris à ignorer.
Pas pour analyser sans fin. Mais pour arrêter de fonctionner en pilote automatique.
Étape 2 : Reconditionner nos automatismes
Vient ensuite une phase essentielle : le reconditionnement de nos automatismes.
C'est-à-dire :
- Observer ses réactions sous pression.
- Identifier les schémas qui se répètent.
- Mettre en lumière les croyances qui conditionnent nos décisions.
- Observer comment on agit quand les enjeux montent, quand la peur apparaît, quand le contrôle prend le dessus.
Chez beaucoup de dirigeants, ces automatismes prennent le dessus dans les décisions, au moment même où la clarté est la plus attendue.
Le travail consiste alors à ouvrir une nouvelle perspective, en définissant un modèle de pensée plus juste, plus aligné, plus constructif.
Un modèle qui nous correspond réellement.
Par exemple, passer de : "Je dois faire ça." à "J'ai envie de faire ça."
Ce simple glissement change profondément l'énergie avec laquelle on agit.
Ce n'est qu'à partir de là que l'entraînement commence réellement.
Étape 3 : Entraîner le système nerveux
La préparation mentale vise alors à entraîner le système nerveux : c'est-à-dire, notre capacité à rester stable, lucide et présent, même quand l'environnement devient exigeant.
Autrement dit : apprendre à ne plus être prisonnier de sa tension intérieure quand la pression monte.
Concrètement, cela passe par des pratiques simples, mais régulières.
Il existe une panoplie d'outils qu'on peut utiliser selon les profils et les besoins.
Par exemple :
- Les techniques de respiration (notamment la cohérence cardiaque) permettent d'apprendre à se réguler en temps réel. À faire redescendre la pression. À sortir de l'alerte permanente.
- La méditation aide à entraîner l'attention. À observer ce qui se passe sans s'y accrocher. À créer de l'espace entre un stimulus et une réaction.
- L'imagerie mentale permet de préparer le cerveau à des situations exigeantes. Décisions importantes. Moments de tension. Enjeux émotionnels.
D'autres outils, comme la PNL ou certains exercices de focalisation, aident à reprogrammer des réponses automatiques et à ancrer des états plus justes, plus efficaces.
L'idée n'est pas de tout faire, ni de suivre une routine figée.
Mais plutôt, il s'agit d'un entraînement progressif, adapté à la personne, à son contexte, et à l'étape de vie qu'elle traverse.
C'est la même chose qu'aller à la salle de sport pour muscler son corps. Tu ne vas pas travailler tous tes muscles en même temps sur une seule séance et attendre d'avoir des résultats immédiats.
De la même manière, on n'entraîne pas un système nerveux une fois pour toutes. On l'accompagne dans le temps.
Et c'est cette régularité, plus que l'intensité, qui permet de retrouver de la stabilité, de la clarté et de l'élan dans la durée.
La vraie promesse de la préparation mentale
Que ce soit clair : la préparation mentale ne promet pas une vie sans pression.
Ni des journées parfaites.
Ni un mental toujours calme.
Sa vraie promesse est ailleurs.
Elle permet de rester clair quand tout s'accélère.
De rester solide quand les enjeux montent.
Et de rester aligné quand les attentes extérieures deviennent envahissantes.
Elle ne cherche pas à nous rendre plus durs. Mais plus justes avec nous-mêmes.
Dans un monde qui nous pousse à tenir coûte que coûte, la préparation mentale offre autre chose : la capacité de durer sans se couper de soi.
De continuer à avancer, sans éteindre cette petite voix intérieure que beaucoup ont appris à faire taire trop tôt.
Ce n'est pas une méthode miracle.
C'est un chemin pour retrouver de la clarté intérieure, de la liberté dans ses choix, et une performance qui ne se fait plus contre soi, mais en accord avec soi.
Beaucoup découvrent la préparation mentale quand quelque chose commence à craquer.
L'enjeu, aujourd'hui, est d'y venir avant.
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Dans les prochaines éditions, je rentrerai dans ce que ces schémas produisent concrètement dans nos décisions et nos comportements.
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Thibault
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